Goodnight, I Love You

http://www.alexbouquineenprada.com/2018/09/goodnight-i-love-you.html
Auteur : John Tarachine
Éditeur : Akata
Date de parution : 13 septembre 2018
Nombre de pages : 160
Ma note : 3,75/5

Tandis qu’il essaie de nouer des liens avec ses camarades pendant une soirée, Daichi reçoit un coup de fil déchirant. Sa maman, atteinte d’un cancer en phase terminale, lui annonce qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Après son décès, le jeune homme est seul au monde, isolé et inconsolable. Mais il a une mission : se rendre à Londres pour annoncer la terrible nouvelle à une vieille amie de sa mère.

Lui, incurable introverti n’ayant jamais quitté le Japon, se retrouve contraint de s’envoler à l’autre bout du monde en compagnie de son frère aîné pour honorer sa promesse. Aveuglé par la rancœur qu’il nourrit vis-à-vis de ce frangin inconséquent qui s’est enfui en France sans daigner faire acte de présence à l’enterrement, notre héros ne voit pas ce voyage d’un bon œil...


Les galères et les plans pourris ?
 C'est toujours sur les mêmes que ça tombe...

Si le trait brut, le découpage saccadé et les soubresauts narratifs m’ont déroutée de prime abord, je me suis glissée dans ce manga comme dans une pièce de théâtre. Les premières minutes, tout me paraît un peu artificiel, brouillon. Peu à peu, les liens se tissent, les dynamiques se dévoilent, les personnages se précisent et l’émotion s’insinue. J’ai été particulièrement sensible au désarroi qui suinte inconsciemment du personnage principal : entre angoisse, culpabilité, chagrin, colère et aigreur, il oscille de manière très convaincante sur un spectre varié d’émotions. La mangaka dépeint habilement cette coquille émotionnelle qui se fendille, bouillonne et s’ouvre pour laisser la place à un nouvel individu. La narration gagne en intensité, en cohérence et en intensité à l’unisson de ce jeune homme qui se confronte aux autres, au monde, au passé, à la douleur, à la vie. Si le portrait discret de la mère commence à se préciser avec justesse et humanité, c’est surtout la déconstruction des liens entre les deux frères qui m’a le plus émue et touchée. Comment le deuil, l’incompréhension, les silences et les non-dits peuvent-ils nous éloigner de nos proches ? À quoi se raccrocher lorsque toutes nos certitudes s’effritent ?

Même si mes yeux sont restés secs et que le coup de cœur ne m’attendait pas au tournant, je serai absolument ravie de poursuivre ce voyage initiatique aux côtés de Daichi.


Alors attrapez votre sac à dos et embarquez à bord de cette série en quatre tomes qui vaut la peine d’être apprivoisée !

Mots doux :

Buckette a dit…

Je n'ai pas l'habitude de lire ce type de manga mais pourquoi pas ? En plus, si tu annonces que ce n'est qu'en 4 tomes, je pourrais me lancer ! Il a l'air très touchant.

Alex bouquine en Prada a dit…

En effet, il l'est ! Si le résumé te tente, ça peut clairement valoir le coup de lui laisser sa chance :) Bonnes lectures !