Les étoiles de Noss Head, une déception cosmique !

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Titre : Les étoiles de Noss Head, Vertige
Autrice : Sophie Jomain
Éditeur : Pygmalion
Date de parution : 26 octobre 2016
Nombre de pages : 315
Ma note : 2/5

Le problème d’avoir une pile à lire longue comme le bras (non, soyons honnêtes, plutôt démesurément décadente, comme le loft new-yorkais d’une vedette de sitcom adolescente particulièrement en vogue), c’est que sur le moment, acheter certains livres semble être un investissement très pertinent… Mais trois ans plus tard, vous vous en mordez les doigts comme un accro aux fougasses qui passerait devant la meilleure boulangerie d’Europe après deux mois de jeûne sans avoir pris son portefeuille. Je pense que vous commencez à suffisamment me connaître pour vous demander quel est le pauvre livre qui va être victime de mon courroux dans cette chronique, non ? Ne faisons pas durer inutilement le suspense : je vous annonce solennellement que j’ai détesté Les étoiles de Noss Head ! Non, reposez ce caillou, cette tenaille, ces ciseaux ou tout autre objet potentiellement dangereux, et laissez-moi vous expliquer les raisons de ce rejet violent et sans appel.


Arrêtons-nous juste un instant sur les prémices de l’histoire : une jeune fille à la peau très blanche et aux grands yeux de biche s’exile à contrecœur dans un petit village humide et pluvieux. Elle n’est jamais tombée amoureuse, n’est pas particulièrement débrouillarde ni sociable. Un beau jour, elle tombe nez à nez sur un mystérieux Adonis qui lui vient en aide et la regarde avec une intensité incroyable. Ça ne vous rappelle rien ? Vraiment ?


*soupiiiiiirs*

Si je vous dit que la température corporelle de cet envoûtant inconnu n’est pas normale et qu’il est étonnamment rapide et fort, ça ne titille pas votre mémoire ? Vous visualisez déjà Isabella Swan, Forks et le fascinant Edward Cullen, pas vrai ?

Eh bien non, malheureusement, on parle d’Hannah, de Leith et de l’Écosse : les trois ingrédients principaux de ce Twilight francophone convenu et niais à souhait. Tous les clichés les plus agaçants de la série qui avait fait frémir toutes les adolescentes durant les années 2000 (moi y compris, ne vous y trompez pas) sont remâchés quasiment tels quels dans ce roman insipide. L’héroïne innocente et perdue, le bellâtre ténébreux au charisme d’huître avariée qui prononce des phrases tirées du manuel du parfait séducteur, prêt à vendre son âme au bout d’un quart d’heure pour défendre l’élue de son cœur, des soupirs énamourés qui s’étalent sur des chapitres entiers et j’en passe… Rien ne nous est épargné, si ce n’est le plaisir d’être surpris (faudrait pas trop en demander) !


Non, tout va bien, vraiment... 
Laissez-moi juste passer ma tête dans le four, je reviens !

Je pensais sincèrement que la version illustrée suffirait presque à me faire oublier la fadeur du texte, mais encore une fois, je suis une grande rêveuse ! Bien que l’objet livre soit soigné, racé et élégant (du plus bel effet dans une bibliothèque), les dessins sont malheureusement trop inégaux pour être appréciables. Les poses ne sont pas naturelles, les visages parfois mal proportionnés et certains détails physiques changent d’une page à l’autre ! Enfonçons le clou avec la colorisation qui laisse parfois à désirer, mais retirons-le un peu en applaudissant très sincèrement la qualité du trait pour croquer les objets et les paysages. Certains sont si beaux qu’ils m’ont fait songer aux merveilleuses illustrations réalisées par Jim Kay pour dépeindre l’univers d’Harry Potter.

Si vous avez apprécié ce roman, ne vous sentez pas offensés par cette chronique. Je suis convaincue que je ne suis plus le public visé par ce type de récit, et que j’ai lu trop d’histoires de vampires et de loups-garous transis d’amour pour continuer à apprécier ce genre qui peine à se renouveler. Quoi qu’il en soit, inutile de vous préciser que je ne lirai pas la suite !


Sur ces bonnes paroles, je vous embrasse fort, il faut que j'aille me défouler
pour évacuer toute cette amertume engrangée ! À très vite.

Mots doux :

Léa Malek a dit…

Hey Alex !
Ça ne m'étonne pas que tu n'aies pas apprécié ce roman.
Je suis un peu triste parce que j'avais peur, justement de ce souci de recyclage et d'arrière-goût insipide.
Après, peut-être que les tomes suivants seront plus originaux ?

Wonderbooks a dit…

Coucou ^^ Je vois ce livre partout en ce moment, quand j'ai lu le résumé, ça m'a tout de suite fait pensé à Twilight que j'avais pas mal apprécié mais sans plus ! Après, j'ai entendu dire que ça s'ameliorait dans les autres tomes mais personnellement, je suis assez sceptique 😉

Buckette a dit…

Plus je lis de livres, plus je pense à un truc. On a tellement lu de choses, on connaît tellement d'histoires, d'intrigues, de personnages, de plumes, que parfois, bah ça nous semble copié-collé. Parfois je lis un livre et je me dis : "Mouais... enfin ça vaut pas *insérer un autre livre du même genre*". Je me dis : si j'avais pas lu le livre précédent, aurais-je apprécié celui que je lis présentement ?
Il ne s'est pas passé ça pour toi avec celui-ci ? Je n'ai lu ni Twilight, ni Les étoiles de Noss Head parce que l'histoire ne m’intéresse pas (et du coup je compte pas me lancer, vu les clichés que tu soulignes...) mais je me dis que parfois, il n'est pas très bon de vouloir faire du copier-coller "à la française" comme tu dis, alors qu'indépendamment, le récit peut être bon... enfin je ne sais pas...

Sorry pour le monologue.