Lettres, pâtisseries et premiers émois

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Titre : À tous les garçons que j'ai aimés...
Autrice : Jenny Han
Éditeur : Panini
Date de parution : 11 février 2015
Nombre de pages : 400
Ma note : 3,5/5
 L'adaptation du premier tome est disponible sur Netflix !

Cette couverture digne d’un bandeau de blog lifestyle vous parle ? Ce titre vous rappelle vaguement quelque chose ? C’est que vous traînez sans doute autant que moi sur la blogosphère et le BookTube anglophones ! Après avoir cartonné aux États-Unis, cette nouvelle série de romance adolescente signée Jenny Han a débarqué en France il y a quelques années, pour le plus grand bonheur des fans de l’autrice. Au programme, moins de sable, moins de canicule et plus de montagnes, de lycée, de biscuits de Noël et de cuisine coréenne.

Après avoir été charmée par la trilogie L’été où je suis devenue jolie, dévorée en trois jours durant le mois de juillet, j’ai sorti presque inconsciemment ce premier tome des reliques de ma pile à lire. L’écriture quotidienne et ronronnante, les dynamiques familiales et la prise en charge narrative par l’héroïne principale m’ont laissé comme un petit arrière-goût de connu. J’avais l’impression diffuse d’être en terrain conquis, et pour cause ! En parcourant la biographie de l’autrice, j’ai finalement fait le lien entre les deux sagas (oui, la chaleur caniculaire et mon âge canonique ont parfois raison de mes capacités de déduction !).


Sans rire, vivement cet automne les enfants...

Cette fois-ci, Jenny Han nous plonge dans l’intimité d’une chaleureuse maison qui abrite trois sœurs très soudées depuis le décès de leur mère. Lorsque l’aînée part étudier en Écosse, Lauren Jean va devoir gérer une dynamique familiale toute nouvelle. Comment se débrouiller lorsque celle qui prenait tout en charge se retrouve de l’autre côté de l’Atlantique ? Pire encore : comment ne pas perdre la face lorsque toutes les lettres que l’on a écrites en secret à tous les garçons dont on a été amoureuse sont envoyées à notre insu ? (Je me moque un peu, mais si je me glisse un instant dans la peau de l’adolescente que j’ai été, je peux sentir des petits frissons d’horreur et quelques gouttes de sueur me dégouliner le long de l’échine en imaginant des pages de mon journal intime expédiées aux premiers concernés !)

S’il fallait résumer mon avis en quelques lignes (après tout, nous sommes un peu là pour ça, hein), je dirai que la couverture du roman résume assez bien mon ressenti : c’est très mignon, cosy et incroyablement lisse. Sérieusement, j’ai rarement eu à suivre les méandres intérieurs d’une héroïne aussi insipide, immature et agaçante ! Le garçon qui s’intéresse à elle a déjà triché lors d’une interrogation au collège ? Quel drame ! Peut-elle seulement envisager d’être son amie ? C’est pourtant un acte tellement indigne, répréhensible et odieux ! Et comment une fille bien peut-elle avoir des rapports sexuels avec le garçon qu’elle fréquente sérieusement depuis deux ans ? C’est impensable, non ? Quelle vilaine dévergondée ! Oh, et sans figure maternelle, qui peut bien nous apprendre les choses essentielles de la vie ? Des aptitudes capitales pour devenir une femme d’aujourd’hui, telles que la meilleure manière d’appliquer du blush ou la façon la plus efficace de minauder devant un policier pour qu’il fasse sauter nos prunes… (Les amendes hein, pas les fruits.)


Non mais piquez-moi les gars, 
on patauge dans le puritanisme 
 et les clichés puants, sérieux...

Eh alors allons-y, habillons-nous comme une petite fille, faisons de jolis cupcakes pailletés, ayons peur de prendre le volant, gloussons allègrement et ayons des réflexions dignes d’une enfant de quatre ans. Grrr. Bon, inutile d’en rajouter des couches, je pense que vous avez saisi l’idée générale : je n’ai pas du tout apprécié la narratrice qui m’a mis les nerfs en pelote à se lancer tête la première dans des situations rocambolesques pour éviter une discussion inconfortable avec son ami d’enfance. Par contre, les personnages secondaires (sa petite soeur Kitty en tête, le beau Peter et le papa trop chou) sont drôles, inventifs, entiers, attachants et véritablement plaisants à suivre (sauf Josh, qui, avouons-le, a autant de charisme qu’une petite cuillère rouillée) ! 

L’ambiance du roman (les biscuits, Noël, les chiots, la romance et le quotidien de cette petite famille) rattrape à elle-seule tous les défauts de Laura Jean. La plume est efficace, sans être particulièrement élégante ni aussi réaliste que dans L’été où je suis devenue jolie, mais le tout se laisse dévorer en quelques heures. Je pense même très sérieusement écumer les bouquinistes et les librairies d’occasion à la recherche du deuxième tome pour suivre l’évolution de toute cette petite assemblée. C’est donc une lecture estivale idéale, à condition de savoir faire preuve de mansuétude et de calme face aux quelques fausses notes qui pourraient bien vous gâcher cette partition convenue et bien huilée.


Bon allez, bonnes les lectures mes petites pastèques au miel, 
c'est l'heure d'aller se baigner !

Mots doux :

Léa a dit…

Hello ma Alex <3
J'en ai effectivement beaucoup entendu parler mais j'avais pressenti le côté lisse de la plume et de l'histoire...
Ton avis sur la narratrice m'a fait mourir de rire aha mon dieu quelle horreur.

Sue-Ricette a dit…

C'est une saga dont j'ai entendu parler, et malgré les défauts que tu évoques par rapport à l'héroïne et à sa personnalité, je pense me laisser tenter par la lecture de ce premier tome :) Belle journée Alex, bisous ♥

Sue-Ricette