Moi aussi, je suis une amatrice de littérature et de tourtes aux épluchures de patates !

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Autrices : Mary Ann Shaffer, Annie Barrows
Éditeur : Nil
Date de parution : 2 avril 2009
Nombre de pages : 391
Ma note : 5/5

Amis lecteurs, j’ai enfin rejoint le club apparemment très étendu des admirateurs du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ! Eh oui, déniché pour moins de deux euros il y a quelques années, ce petit livre vert prenait la poussière sur l’étagère gauche de ma bibliothèque depuis des lustres. Le chant des cigales, les envies de farniente et les jus de citron bien frais m’ont tout à coup donné envie d’une petite lecture réconfortante, et j’ai été très bien inspirée de jeter mon dévolu sur cette pépite. Je me pourlèche encore les mandibules tant c’était délectable !

Pour celles et ceux qui seraient passés à côté (et je ne vous jette absolument pas la pierre, après tout, c’était mon cas il y a encore une poignée d’heures), nous allons dévorer les lettres croisées d’une jeune romancière anglaise en panne d’inspiration et celles des habitants d’une petite île anglo-normande qui ont formé un cercle littéraire assez atypique durant la Seconde Guerre mondiale. Alléchant, non ? Pour finir de vous convaincre, je pourrais vous parler de l’humour, des échanges croustillants, émouvants, truculents entre ces personnages savoureux et terriblement attachants. Je pourrais également mentionner les références littéraires qui saupoudrent le récit pour le plus grand bonheur de ceux dont la lecture est une charmante marotte. Imaginez juste une seconde une héroïne rompant ses fiançailles la veille de son mariage car le futur époux s’est permis de mettre en cartons l’intégralité de sa bibliothèque en son absence. Plutôt cocasse, non ? C’est ce qu’à fait Juliet et, rien que pour cette scène, j’applaudis des deux mains ! Remplacer des livres par des trophées sportifs, non mais franchement, quelle drôle d’idée ! C’est sans hésiter un motif de rupture aussi recevable qu’un homme dont les pieds sentent le roquefort aux olives dès 6h du matin, non ?


Mais qui est le malade qui a osé toucher à mes livres ?!
Il est pas bien lui !

Certaines lettres sont de véritables caresses pour les amoureux des livres. Comment ces compagnons de papier ont-ils réussi à bouleverser des vies ? Quelles rencontres littéraires ont fracassé toutes nos certitudes ? Quel auteur pourrions-nous relire en boucle sans nous lasser ? Tous ces petits bonheurs de lecteurs sont délicatement décortiqués, comme on prendrait le temps d’arracher une mie tendre et légèrement tiède sur une tranche de pain craquante tout juste sortie du four. Tout dans ce roman est délectable : l’écriture est fluide, teintée d’une humanité, d’un espoir, d’une candeur et d’une poésie qui m’enchantent ; les personnages sont truculents et se répondent avec naturel, malice et complicité. Un pur délice ! Je butine ces correspondances comme un colibri du nectar bien coulant après une longue journée de vol.


Envoyez les scones et le thé, je suis carrément dans l'ambiance !

Avec tout ça, je n’ai toujours pas réussi à vous faire craquer ? Vous êtes dur en affaires, mais laissez-moi aborder un dernier argument de taille. Les anecdotes sur le quotidien des insulaires durant la guerre sont absolument palpitantes. Certaines sont racontées avec malice, d’autres narrent des épisodes dramatiques et, bien que décousues, elles abordent une fois encore ces heures sombres avec respect et humanité. La noyade des prostituées allemandes, le traitement épouvantable réservé aux animaux de compagnie des habitants de l’île, l’entraide, l’amour touchant entre Elizabeth et Christian, l’humour brut de décoffrage d’Isobel : tous ces éléments hétéroclites se lient harmonieusement pour donner naissance à un récit réconfortant dans lequel le lecteur se laisse couler avec délectation. La lettre d’Amélia racontant le retour de l’espoir et du bonheur après la guerre est un régal sans nom ! Quelle beauté simple, l’évocation des petits riens qui font toute la différence m’ont chamboulé l’âme.

Voilà, et s’il vous faut tremper les lèvres dans ce joli nectar avant de vous laisser conquérir pour de bon, je vous laisse ici pêle-mêle quelques extraits qui m’ont fait me frotter les moustaches de satisfaction au fil de ma promenade aux côtés des amateurs de tourtes aux éplucheurs de patates de Guernsey. Vous m’en direz des nouvelles…

« Je n’éprouve aucune passion pour les bosquets et les vallées. Les chambres qui m’ont vu naître, les meubles sur lesquels mes yeux se posent depuis toujours, la bibliothèque qui m’a suivi partout où je suis allé, tel un chien fidèle - n’est-ce pas suffisant, me faut-il encore vos montagnes ? Je ne vous envie guère. Je vous prendrais même en pitié si j’ignorais que l’esprit peut de toute chose se faire un ami. » Charles Lamb

« Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal. »

« C’est ce que j’aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l’infini, et c’est du pur plaisir. »


En route pour la librairie ? Je suis fière de vous !
Bonne balade et à très bientôt pour une nouvelle chronique.

Mots doux :

Léa a dit…

Hello Alex chérie !
Ô comme tu me manques toi là-bas sur ton rocher, imbibée de monoï et surement en train de siroter une grenadine !
Heureusement que ta plume me réconforte un peu, moi qui suis restée dans nos locaux froid d'une clim vorace...
Il donne bien envie ton petit livre ! Je me laisserai bien tenter !

Lyndona a dit…

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce livre !
Je découvre ton blog et ta chaîne youtube et j'aime beaucoup. Compte sur moi pour te suivre.
Au plaisir !