Le laboratoire est-il le seul à avoir été englouti ?

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Titre : Écosphère, le laboratoire englouti
Auteur : Chlodion Gossart
Éditeur : Publié sur Librinova
Date de parution : 27 juin 2018
Nombre de pages : 81
Ma note : 2/5

En me baladant sur Instagram, j’avais été attirée par cette couverture. Une jeune femme à la chevelure flamboyante, vêtue d’un costume d’inspiration steampunk évoluant dans une ambiance un peu mystérieuse, voilà qui était tentant ! Cerise sur le gâteau (mais qu’est-ce que j’ai avec la pâtisserie en ce moment ?), le tout était annoncé comme saupoudré de piraterie, de pouvoirs magiques et d’une étrange orbe capable de contrôler la nature. N’en jetez plus, la coupe était pleine : j’ai dégainé ma carte bleue pour m’offrir ce petit plaisir !

Jugez plutôt : Dans un monde où les humains naissent avec une Affinité, la marque donnant le pouvoir de maîtriser l’un des quatre éléments naturels, Arane grandit privée de ce don. Malgré les tabous qui entourent l’usage de la technologie, l’adolescente s’est réfugiée dans la conception de machines pour tenter de combler son handicap… Jusqu’au jour où elle hérite d’un orbe capable de contrôler la nature : l’Écosphère.


Cette quatrième donne envie, non ?

Bien que l’univers soit très prometteur, entraînant et relativement immersif, j’aurais aimé en apprendre bien davantage sur son système politique, son histoire et ses traditions. En moins d’une centaine de pages, le lecteur est loin d’avoir toutes les clefs en main pour embarquer dans une aventure foisonnante ! Certains éléments narratifs sont de fait rendus un peu bancals et incongrus (des pirates chevauchant des dinosaures volants ?!) et nous expulsent brutalement hors de l’aventure. Les personnages eux-mêmes ne sont pas suffisamment creusés, à mon plus grand désespoir car l’auteur avait pourtant réussi à attirer toute mon attention dès les premières pages grâce à Leily, la capitaine pirate au grand cœur et en quête de vengeance. Mais le manque de contextualisation, de profondeur et de nuances l’ont assez vite rendue plus fade. Zael, le meilleur ami aux dents qui rayent le plancher, oscille dangereusement entre le rôle de sauveur et celui de bouffon, ce qui n’est pas du plus bel effet pour le mettre en valeur, vous en conviendrez… Quant aux autres figures qui nous sont présentées, elles sont malheureusement toutes taillées du même bois humide. Difficile avec cela d’allumer un grand feu de camp…


Mouais, je suis au max là...

La plume n’est pas inoubliable, les enjeux qui commencent à se nouer ne m’ont pas collée à mon siège, certaines maladresses syntaxiques récurrentes m’ont fait grincer des dents (décidément, mon dentiste doit se frotter les mains) et tous les petits détails qui m’ont plu (le système des Affinités, la mythologie du programme Jénius, le message écologique) m’ont fait un rapide coucou de la main avant de se jeter tête la première dans la mer du « Ça aurait été vachement chouette d’exploiter cette piste, mais c’est trop tard ! » Est-ce le laboratoire qui est englouti ou mes espoirs ? À l’heure où je vous écris cette chronique, je ne suis pas encore certaine d’avoir tranché.

Je ressors donc plutôt frustrée de cette lecture, comme un grand gourmand attiré dans une boulangerie par un délicat fumet de croissants au beurre tout juste sortis du four à qui on aurait vendu une brioche périmée, faute de prendre le temps d’emballer ces petites merveilles. Elles sont là, juste derrière le comptoir, elles diffusent un parfum enchanteur, mais elles sont encore trop brûlantes, alors on me laisse les regarder avec envie, mais on refuse de me les vendre. Quel gâchis ! Je ne demandais pas à l’auteur de s’arracher les cheveux pour créer une nouvelle Terre du Milieu ni d’inventer des tartines d’anecdotes sur l’alimentation des dinosaures domestiques ou la sidérurgie, mais il aurait pu se fendre de quelques détails en plus. Ceci-dit, je n’ai dépensé que 0,99 centimes pour me procurer ce premier tome, alors je ne suis pas trop déçue. J’irai même jusqu’à vous avouer que si j’arrive à mettre la main sur le deuxième tome pour le même prix, il est fort probable que je me laisse tenter !

Mots doux :

Léa a dit…

eh beh ! Une sacrée déception que voilà...
Il en faut malheureusement :/
En espérant que tu passes de meilleures lectures à l'heure qu'il est :)

Chlodion Gossart a dit…

Bonjour ! Avant toute chose, merci d'avoir lu mon premier tome et navré que cette lecture vous ai déplu. Comme on le dit si bien, on ne peut pas plaire à tout le monde ! Devant la virulence de vos propos, je me permets de répondre pour souligner le manque de pertinence de votre chronique. En effet, vous me reprochez de "survoler" les personnages ou l'univers mais n'ai-je pas précisé dans le résumé qu'il s'agissait d'une novella ? Bien qu'il s'agisse d'un format plutôt rare dans l’hexagone, une petite recherche Google avant de rédiger votre chronique n'aurait pas fait de mal ...

Je m'explique : vos critiques, à mon sens, manquent de pertinence dans la mesure où vous jugez l'ouvrage avec des critères relevant d'un roman classique. Mais peut-on comparer un court métrage avec un film de 2h30 ? C'est tout aussi vrai en littérature : les personnages sont certes moins développés et certains détails (plus ou moins utiles) ne sont pas abordés afin de donner une concision et un rythme au récit. Les novellas sont conçues pour être lues d'une traite, excluant ainsi toute forme de longueur, et dispose de codes narratifs qui lui sont propres. Je regrette que vous soyez passé à côté ... Comme quoi, la frustration est partagée !

J'ai également souligné dans ce même résumé qu'il s'agissait d'une série, les choses prendront en profondeur au fil des tomes, du moins je ferai tout pour ! Concernant mes maladresses syntaxiques, vous avez tout à fait raison : il s'agit de mon premier ouvrage et je suis bien conscient qu'il me reste beaucoup à apprendre sur l'écriture. Pour conclure, j'espère tout de même vous revoir pour le deuxième tome ;-)